Le Hombu Dojo est occupe un immeuble qui ne paie pas de mine dans une zone résidentielle du quartier de Shinjuku à Tokyo. Pas de grande enseigne ni de décorations traditionnelles :juste une entrée vitrée dans un couloir, avec à main droite un comptoir et un peu plus loin des casiers pour mettre les chaussures, qu’on enlève après le comptoir pour prénétrer dans la partie surélevée du couloir. L’accueil est sympathique : je sors ma carte de membre [1], et je demande (dans un japonais très approximatif, mais les secrétaires sont habituées) un mois de cours. Je règle, et c’est parti !
Le dojo est au deuxième étage (troisième pour les japonais, qui comptent les étages à l’anglo-saxonne), le premier étant occupé par lae dojo pour les enfants. L’entrée du vestiaire est fermée par des rideaux qu’il faut écarter pour entrer dans une pièce faisant à peine deux fois le vestiaire de la rue Amyot, avec des casiers de chaque côté. Les casiers fonctionnent comme des consignes : on y met ses affaires, on prend, moyennant 100 yens, une clef qu’on accrochera sur un tableau de clous dans la salle de pratique. Au retour, on ouvre le casier, on récupère ses 100 yens et on se change. Apparemment, on peut aussi laisser son keikogi d’une fois sur l’autre. Au fond, les douches, seulement à l’eau froide, ai-je vu sur Internet. Je ne suis donc pas aller tester.
Comme je suis arrivé en avance, il n’y a pas foule : deux Japonais et un Français peu causant. Pendant que je me change, d’autres personnes arrivent, dont un japonais d’un certain âge, qui me salue aimablement. Il entame ensuite la conversation en me complimentant sur mon kimono, acheté chez Iwata quelques jours avant : il en avait un tout pareil il y a vingt ans. Puis il me demande depuis combien de temps je pratique. Quand je lui réponds six ans, il est tout surpris. J’ai l’ai bien cherché : mon hakama n’étant pas encore prêt, j’y suis allé seulement en pyjama blanc et ceinture blanche.
La salle de pratique elle-même est assez grande : l’aire de pratique doit faire 14 tatamis par 16 tatamis. Ceux-ci sont recouvers de tissus blanc capitonné, très agréable aux pieds, nettement moins aux genoux. Sur trois côtés, les tatamis sont bordés par 50 centimètres de plancher. Le kamiza est surélevé, avec une grande calligraphie "Aïkido", surmontée du portrait d’O’Sensei et sur la droite du Doshu. Plusieurs pratiquant sont déjà là et s’échauffent en silence. D’autres discutent tranquilement. Quelques minutes avant le début du cours, tout le monde se met en seiza. Je suis un peu surpris du peu de cérémonie : les gens s’asseyent où ils sont, sans former de ligne ni se mettre par grade (de tout façon difficile à connaître, beaucoup de personnes passant ne restant que peu de temps). L’ambiance est cependant formelle quand le professeur (Masuda Seijuro sihan, 8e dan) entre et salue.
Au total, entre vingt et trente personnes sont là, dont une petite dizaine de non-japonais. La moyenne d’âge est relativement élevée par rapport au PAC, probablement du fait de l’existence de clubs étudiants. Le cours ne dure qu’une heure, mais cela représente près de 50 minutes de pratique effective. Les techniques ne sont en effet montrées que trois ou quatre fois, pluis les pratiquants cherchent. Je salue un Japonais, assez âgé, et commence à pratiquer. Je dois dire que j’étais assez déboussolé pour ce premier cours. La sensation familière du hakama me manquait, et la différence de style est sensible. Autre surprise, on ne change pas de partenaire pendant le cours. Pour moi, cela aura été un bémol, car j’ai eu du mal à me faire à mon partenaire, qui attendait manifestement un style différent de ce que je produisais. De son côté, il semble avoir essayé de voir jusqu’où je pouvais aller, poussant parfois un peu loin certains kote gaeshi (oui, je sais Arnaud, je dois travailler ces chutes : je n’ai d’ailleurs pas eu le choix). Le thème du jours est manifestement morote dori, avec des formes de base assez courtes, mais des variations intéressantes. Je suis loin d’avoir tout retenu, le professeur ne les montrant q’une fois chacune.
Le cours finit par un shomen uchi ji waza puis par un kokyu-o. Nous saluons, et, quand le professeur est sorti, chacun salue son partenaire d’un arigato gozaimashita. Puis je vois les pratiquants courir vers le vestiaire, et revenir aussi rapidement armés de balais, d’un aspirateur, d’un seau est de serpillères. Je le saurai pour la prochaine fois. Pour ma part, je rejoins aussi le vestiaire et vais me changer.
Merci à ceux qui m’ont lu jusqu’ici, et plus de nouvelles la prochaine fois.