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	<title>Paris A&#239;kido Club</title>
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		<title>Paris A&#239;kido Club</title>
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		<title>Aper&#231;u de mythologie japonaise</title>
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		<dc:date>2003-05-02T14:15:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Perona</dc:creator>


		<dc:subject>Mythologie</dc:subject>
		<dc:subject>Shinto</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un r&#233;sum&#233; du &lt;i&gt;Kojiki&lt;/i&gt;, le texte central de la mythologie japonaise.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://parisaikidoclub.com/spip/spip.php?rubrique56" rel="directory"&gt;Culture&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://parisaikidoclub.com/spip/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;Mythologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://parisaikidoclub.com/spip/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Shinto&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les noms complets des techniques d'A&#239;kido font parfois r&#233;f&#233;rence aux mythes japonais. C'est la raison d'&#234;tre de ce r&#233;sum&#233; du texte fondateur du la mythologie Shinto.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mythe fondateur du Japon est d&#233;crit dans le &lt;i&gt;Kojiki&lt;/i&gt;. R&#233;dig&#233; aux alentours du VIIIe si&#232;cle &#224; la demande de l'Empereur, il se fonde sur la collecte de nombreuses traditions orales glan&#233;es dans les diff&#233;rentes r&#233;gions du Japon. Ce texte, mis en forme alors que le Bouddhisme commence &#224; p&#233;n&#233;trer l'archipel, constitue le texte central du Shinto&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article sur les religions au Japon&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte des premiers chapitres, dans une ancienne traduction anglaise, est disponible &#224; l'adresse suivante : &lt;a href=&#034;http://www.sacred-texts.com/shi/kojiki.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Kojiki en version anglaise&lt;/a&gt;. Je vais t&#226;cher d'en donner un r&#233;sum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partie I : La Naissance des divinit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le texte d&#233;bute par la naissance simultan&#233;e de la Terre et des premi&#232;res divinit&#233;s. Celles-ci, gardiennes de l'&#233;quilibre de toutes choses, se d&#233;robent &#224; la vue de tous. Le Cr&#233;ation des terres elles-m&#234;mes ne commence qu'avec Izanagi, Masculin-qui-Invite et sa soeur Izanami, F&#233;minin-qui-Invite, qui re&#231;oivent des autres mandat de mettre en forme les terres. Arm&#233;s d'une lance pr&#233;cieuse, ils se tiennent sur le Pont flottant du ciel, et remuent la substance indif&#233;renci&#233;e. Les gouttes tombant de cette lance forment la premi&#232;re &#238;le de l'Archipel, l'&#238;le d'Onogoro.Inazagi et Inazami descendent sur cette &#238;le, o&#249; ils s'unissent pour donner naissance aux autres &#238;les et &#224; de nombreuses divinit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En donnant naissance &#224; un esprit de feu, Inazami voit ses parties intimes br&#251;l&#233;es. Elle en tombe malade, puis en meurt. Pris de col&#232;re, Inazagi d&#233;capite le dernier-n&#233;, duquel naissent de nouvelles divinit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partie II : La Querelle d'Izanagi et Izanami&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Izanagi se rendit alors au pays des morts, pour persuader sa soeur de revenir parmi les vivants. Celle-ci se d&#233;sola de son retard, car elle avait d&#233;j&#224; mang&#233; des mets des morts. n&#233;anmoins, elle lui demanda de l'attendre, en lui enjoignant de ne surtout pas regarder dans le pavillons o&#249; elle se retirait. Comme elle se faisait attendre longtemps, il passa outre et regarda dans le pavillon. Il y vit le corps de sa soeur, qui dans sa d&#233;composition avait donn&#233; naissance aux divinit&#233;s du tonnerre.Furieuse, elle le poursuit accompagn&#233;e de guerrier des morts. Izanagi parvient cependant &#224; s'&#233;chapper et &#224; rejoindre le monde des vivants, et il bloque le passage &#224; l'aide d'un gros rocher. Izanami demeure ainsi dans le royaume des morts, divinit&#233; malveillante (assez semblable &#224; la figure Kabbalistique de Lillith en Occident).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenant du monde des morts, Izanagi se livre &#224; une longue purification, chacune des souillures r&#233;colt&#233;s dans le monde des morts devient, en le quittant, une nouvelle divinit&#233;.En particulier, de son oeil gauche na&#238;t Auguste-Divinit&#233;-Illuminant-du-Ciel, la d&#233;esse solaire Amaterasu, de son oeil droit sa contrepartie lunaire et de son nez Auguste-Brave-M&#226;le-Imp&#233;tueux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partie III : Amateratsu et le Dieu des Temp&#234;tes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voyant qu'il a donn&#233; naissance &#224; des divinit&#233;s particuli&#232;rement illustres, Izanagi charge Amaterasu de veiller sur les plaines du Jour, &#224; sa contrepartie sur celles de la Nuit, et &#224; Auguste-Brave-M&#226;le-Imp&#233;tueux charge des mers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier refusa cependant cette charge, et se lamenta tant et si bien qu'il fit se fl&#233;trir les collines. Il d&#233;sirait en effet rejoindre sa m&#232;re au pays des morts. Apprenant cela, Izanagi le bannit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auguste-Brave-M&#226;le-Imp&#233;tueux demande alors la permission d'aller faire ses adieux &#224; sa soeur Amaterasu, ce qui lui est accord&#233;. Alarm&#233;e, celle-ci craint qu'il ne tente de lui ravir les Plaines des cieux qui lui ont &#233;t&#233; confi&#233;es. elle s'arme donc de pied en cap, et fait face &#224; son fr&#232;re, de part et d'autre de la Rivi&#232;re Tranquille du Ciel.Auguste-Brave-M&#226;le-Imp&#233;tueux lui affirme alors venir en paix, et lui propose de prouver ses bonnes intentions. Pour se faire, ils se confient mutuellement des objets personnels, chacun faisant na&#238;tre des divinit&#233;s des objets de l'autre. Amaterasu donna ainsi naissance &#224; des divinit&#233;s masculines, et son fr&#232;re &#224; des divinit&#233;s f&#233;minines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revendiquant la victoire, Auguste-Brave-M&#226;le-Imp&#233;tueux s'avance, brisant les rizi&#232;res et semant la destruction. Effray&#233;e, Amaterasu s'enfuit et se cacha dans une grotte. Sa disparition obscurcit toute la Plaine C&#233;leste et le Pays des Roseaux (le Japon). Afflig&#233;es de la disparition du soleil, plus de 800 divinit&#233;s s'assembl&#232;rent pour faire sortir Amaterasu de sa caverne. Pour ce faire, ils constitu&#232;rent une complexe parure pour un arbre poussant &#224; l'entr&#233;e de la grotte, auquel ils suspendirent un miroir. Ils fabriqu&#232;rent ensuite une corde c&#233;r&#233;monielle, que les divinit&#233;s ne peuvent pas franchir. Enfin, la D&#233;esse C&#233;leste-F&#233;minine dansa devant la caverne, se d&#233;voilant peu &#224; peu jusqu'&#224; se mettre nue, et les autres divinit&#233;s se r&#233;jouirent. Intrigu&#233;e par la joie des autres dieux alors que le soleil avait disparu, Amaterasu s'approcha de l'entr&#233;e, leur demandant ce qui les r&#233;jouissait tant. F&#233;minine-C&#233;leste lui r&#233;pondit alors qu'&#224; l'occasion de sa disparition, les autres dieux avaient trouv&#233; une divinit&#233; encore plus resplendissante qu'elle. Et les autres dieux d'approcher le miroir. Stup&#233;faite, Amaterasu s'avan&#231;a vers le miroir, jusqu'&#224; ce qu'une divinit&#233; la saisisse, la fasse sortir et ferme la caverne &#224; l'aide de la corde c&#233;r&#233;monielle. C'est ainsi que le soleil revint sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dieux d&#233;cid&#232;rent alors d'expulser pour de bon Auguste-Brave-M&#226;le-Imp&#233;tueux. Celui-ci leur demanda de la nourriture. La D&#233;esse de de Nourriture en fit sortir de son nez, de ses yeux et de son fondement. Se m&#233;prenant sur ses intentions, Auguste-Brave-M&#226;le-Imp&#233;tueux la tua. De son corps naquit le riz, le millet et les vers &#224; soie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auguste-Brave-M&#226;le-Imp&#233;tueux descendit finalement sur la terre. Arriv&#233; l&#224;, il combattit un serpent &#224; huit t&#234;te. En d&#233;pe&#231;ant le serpent, il brisa son &#233;p&#233;e, qui avait &#233;t&#233; celle d'Izanagi, sur une autre, qu'il prit du corps du serpent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se construisit ensuite une r&#233;sidence &#224; Suga.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sur ces entrefaites s'ach&#234;ve la cosmogonie proprement dite. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le &lt;i&gt;Kojiki&lt;/i&gt; comporte ensuite une partie d&#233;di&#233;e &#224; des l&#233;gendes faisant intervenir des animaux. Ensuite, commence le second versant de l'oeuvre, qui met en avant la filiation entre les dieux d&#233;crits plus haut et la lign&#233;e imp&#233;riale japonaise. Je prends le parti de r&#233;sumer tr&#232;s bri&#232;vement cette partie. Elle commence avec la figure de Yamato, prince imp&#233;tueux charg&#233; par la divinit&#233; son p&#232;re, qui le craint, de pacifier diverses puissances et populations. Cette partie fait historiquement r&#233;f&#233;rence aux premi&#232;res tentatives r&#233;ussies d'unification du Japon, &#224; partir d'une r&#233;gion mal d&#233;termin&#233;e (on ne sait pas si le Yamato mythique renvoie au Kanto, pr&#232;s de Nara, ou au nord de l'&#238;le de Kyushu). Suivent huit souverains, destin&#233;s avant tout &#224; combler le trou entre Yamato et l'Empereur Jimmu, anc&#234;tre historique de la lign&#233;e imp&#233;riale japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici noter que l'influence de la Chine a, en n&#233;gatif, mis en relief une sp&#233;cificit&#233; japonaise. En effet, la Chine a connu de nombreux changements dynastiques, alors que la lign&#233;e imp&#233;riale japonaise a &#233;t&#233; cens&#233;ment ininterrompue. Cette absence de &#034;retrait du mandat c&#233;leste&#034; constitue un des fondements de l'institution imp&#233;riale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://parisaikidoclub.com/spip/spip.php?article107' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'article sur les religions au Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;J'esp&#232;re pouvoir donner un r&#233;sum&#233; plus complet et surtout plus comment&#233; d&#232;s que j'aurais un peu plus de temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Le Dojo, un espace sacr&#233; ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Perona</dc:creator>


		<dc:subject>Mythologie</dc:subject>
		<dc:subject>Shinto</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tiquette</dc:subject>
		<dc:subject>Bouddhisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En quel sens le Dojo est-il en espace consacr&#233; ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://parisaikidoclub.com/spip/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;L' A&#239;kido&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://parisaikidoclub.com/spip/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;Mythologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://parisaikidoclub.com/spip/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Shinto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://parisaikidoclub.com/spip/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;&#201;tiquette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://parisaikidoclub.com/spip/spip.php?mot5" rel="tag"&gt;Bouddhisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://parisaikidoclub.com/spip/local/cache-vignettes/L76xH150/arton107-1bc86.png?1779338354' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='76' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff107.gif?1752332166&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On entend souvent dire, pour expliquer l'&#233;tiquette, que le dojo est un espace sacr&#233;. Cette affirmation est surprenante : en quoi une salle de sport deviendrait-elle brusquement sacr&#233;e ? Pourtant, cette r&#233;ponse est juste. Si elle n'est pas toujours compr&#233;hensible, c'est qu'elle fait appel &#224; une notion de &lt;i&gt;sacr&#233;&lt;/i&gt; qui est bien &#233;loign&#233;e de la notre. Cet article vise &#224; la comprendre, afin de voir en quoi l'&#233;tiquette et le c&#233;r&#233;monial peuvent devenir des actes parfaitement naturels. L'enjeu est de taille. Sans cette id&#233;e, l'art martial n'est qu'un sport de combat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les religions au Japon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour un esprit occidental, form&#233; aux religions monoth&#233;istes, la vie religieuse des Japonais est assez d&#233;routante. Elle est marqu&#233;e par de &#233;l&#233;ments absents des religions occidentales : la proximit&#233; du sacr&#233;, et le syncr&#233;tisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Un sacr&#233; &#224; port&#233;e de main&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Japonais, les puissances transcendantes n'ont pas l'&#233;loignement du Dieu Ouranien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouranien : li&#233; &#224; une puissance c&#233;leste, comme il est indique dans &#171; Notre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais sont au contraire tr&#232;s proches. Cela est particuli&#232;rement vrai du &lt;i&gt;Shinto&lt;/i&gt;, la religion autochtone du Japon (litt. &#171; Voie des Dieux &#187;). Cette religion constitue un exemple unique d'animisme moderne. L'adepte du Shinto, et la plupart des Japonais le sont &#224; un degr&#233; ou un autre, partage le monde quotidien avec quantit&#233; d'esprits, puissances mineures de la nature, esprits des anc&#234;tres, du lieu, etc., &#224; qui il va demander un service en &#233;change d'offrandes. On aurait tort de voir l&#224; de simples superstitions. Les Japonais trouvent un grand apaisement dans l'id&#233;e qu'il existe des puissances faisant &#233;chapper le cours des choses au pur jeu des lois de la science et du hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esprits du Shinto, les &lt;i&gt;kamis&lt;/i&gt;, sont ainsi pr&#233;sent partout, dans chaque site auquel s'attache une histoire, un &#233;v&#233;nement, ou une tradition. Les quartiers anciens (et beaucoup de modernes) ont leurs &lt;i&gt;kami&lt;/i&gt;. Le &lt;i&gt;kami&lt;/i&gt; de l'A&#239;kido a d'ailleurs son sanctuaire &#224; Iwama. Autant dire que les Japonais vivent en contact quotidien avec le sacr&#233;. Passant devant un petit temple juste avant un d&#238;ner d'affaires, ils s'y arr&#234;teront quelques instants pour demander le succ&#232;s de leurs n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proximit&#233; de l'espace sacr&#233; est &#233;galement vraie en ce qui concerne le Bouddhisme. Comme dans le cas du Christianisme, le Bouddha est g&#233;n&#233;ralement repr&#233;sent&#233; avec des traits proches de ceux du peuple du sculpteur. Ainsi, les Bouddhas japonais ont l'air japonais, tout comme les Christs du nord de l'Europe sont souvent blonds. Proximit&#233; ethnique, donc, mais cette proximit&#233; est fond&#233;e sur le fait que le Bouddha n'est pas divin au sens o&#249; l'entendent les Occidentaux. C'est simplement un homme qui a trouv&#233; une voie vers l'Illumination, et qui a essay&#233; d'apprendre aux autres comment en faire autant. Un homme, rien de plus, dont la pens&#233;e &#224; &#233;t&#233; relay&#233;e par d'autres hommes qui ont trouv&#233; un chemin similaire, fondateurs des diff&#233;rentes &#171; sectes &#187; (on parlerait en Europe de &#171; courants &#187;), ce qui diminue l'effet de l'&#233;loignement historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Syncr&#233;tismes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlant des religions au Japon, il faut garder &#224; l'esprit qu'elles sont remarquablement tol&#233;rantes. Le Shinto s'accommode tr&#232;s bien des sp&#233;culations m&#233;taphysiques du Bouddhisme, lequel affirme n'&#234;tre qu'un chemin vers l'Illumination parmi l'infinit&#233; des chemins possibles. Aucune de ces deux religions ne se targue de d&#233;tenir le monopole de la v&#233;rit&#233; sur le monde spirituel. C'est pourquoi on peut parfaitement &#234;tre &#224; la fois shinto et bouddhiste, et que la plupart des Japonais le sont, au point que la distinction entre d'anciennes divinit&#233;s shinto et les boddhisatva (assistants du Bouddha) est bien souvent sans objet. La tol&#233;rance de ces deux religions et l'accent port&#233; sur les exercices spirituels font que la notion de &lt;i&gt;foi&lt;/i&gt; est bien moins importante que dans les religions monoth&#233;istes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On pourrait m'objecter que les chr&#233;tiens ont &#233;t&#233; bannis, massacr&#233;s et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux caract&#233;ristiques de la religiosit&#233; japonaise, une religiosit&#233; flottante et ouverte, font que l'importance accord&#233;e &#224; la &lt;i&gt;croyance&lt;/i&gt; est faible. La plupart de Japonais accomplissent les rituels non pas par foi positive, mais parce que cela ne peut pas faire de mal de se pr&#233;munir, et que ces rituels leur apportent un apaisement certain. c'est avec cet esprit qu'il faut sans doute envisager le caract&#232;re sacr&#233; du Dojo, et prendre un peu de distance vis-&#224;-vis de ce que l'&#233;tiquette peut avoir d'&#233;trange pour un occidental.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Profane et le sacr&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je suis souvent surpris que l'on s'&#233;tonne &#224; l'id&#233;e que le Dojo est un espace sacr&#233;. Les espaces sacr&#233;s abondent en Europe, et il n'est pas n&#233;cessaire d'&#234;tre croyant pour leur reconna&#238;tre ce caract&#232;re : dans une &#233;glise, tout le monde baisse la voix. Alors, pourquoi cet &#233;tonnement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute qu'avec la diminution de l'influence de la religion dans la vie quotidienne, il s'est mis en place une distinction forte entre le profane et le sacr&#233;, ce dernier &#233;tant d'autant plus fort qu'il se trouvait cantonn&#233; en quelques lieux exceptionnels. Ce probl&#232;me ne se pose pas aux Japonais, qui cotoient le sacr&#233; quotidiennement. De ce fait, leur conception du sacr&#233; est moins proche de la notre. Pour un Japonais, est sacr&#233; tout ce qui suscite l'id&#233;e de puret&#233;, le respect ou l'admiration. Ainsi une source est &lt;i&gt;kami&lt;/i&gt; en raison de sa puret&#233;, les anc&#234;tres le sont en raison du respect qu'on doit &#224; ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s, les grands artistes, artisans, l'Empereur sont &lt;i&gt;kami&lt;/i&gt; en raison de leur r&#244;le de mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sacr&#233; est donc partout : les montagnes, les rivi&#232;res, les temples, etc. Le Dojo est un espace sacr&#233; dans ce premier sens. Litt&#233;ralement, le Dojo est &#171; le lieu o&#249; l'on cherche la Voie &#187; (on a vu qu'au sens de Bouddhisme, les Voies &#233;taient innombrables, et mutuellement non exclusives). Il se doit donc d'&#234;tre un lieu de puret&#233;, o&#249; l'on va essayer de se purifier soi-m&#234;me par la pratique. Il est un espace qui inspire le respect, celui que l'on doit au professeur, aux pratiquants plus anciens, et &#224; ceux qui pratiquent depuis moins longtemps que nous, et dont nous sommes responsables. C'est &#233;galement un lieu li&#233; &#224; l'admiration, l'admiration pour un homme qui a pass&#233; sa vie &#224; mettre au point un art martial et &#224; le rendre accessible &#224; tous. Point de v&#233;n&#233;ration ni de culte de la personnalit&#233; l&#224;-dedans. Les pratiquants les plus anciens aiment &#224; rappeller que le fondateur de l'A&#239;kido n'&#233;tait qu'un homme, qui nous a propos&#233; de suivre le chemin qu'il s'&#233;tait trouv&#233;. Le salut au &lt;i&gt;kamiza&lt;/i&gt;, o&#249; figure g&#233;n&#233;ralement son portrait, n'est donc pas un acte de soumission, mais de remerciement pour avoir cr&#233;e l'A&#239;kido. Je me permets d'ajouter que ce type de salut &#224; genoux est quotidiennement pratiqu&#233; par les Japonais, au grand embarras du touriste occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc au titre de cette notion de sacralit&#233;, fond&#233;e sur la puret&#233;, le respect et l'admiration, que s'expliquent les saluts au Dojo, au tapis et au &lt;i&gt;kamiza&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait, &#224; mon sens, en rester l&#224;, d&#232;s lors que l'on accepte que l'A&#239;kido n'est pas un simple sport, mais que sa pratique s'accompagne d'un engagement moral &#224; ne l'utiliser qu'&#224; bon escient. Cependant, il existe un autre aspect selon lequel le Dojo est sacr&#233;. C'est l'id&#233;e que le Dojo constitue un espace d'exception, o&#249; les r&#232;gles de la vie sociale sont suspendues.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sacr&#233; et soci&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour les Japonais, il n'existe pas de distinction pertinente entre l'ordre de la nature et l'ordre de la soci&#233;t&#233;, le second &#233;tant simplement inclus dans le premier. De l&#224; vient sans doute le poids que les Occidentaux aiment &#224; souligner des traditions, de la hi&#233;rarchie sociale et des normes. La pr&#233;sence en fond de l'&#233;thique confuc&#233;enne, qui veut que l'homme ne perturbe pas l'ordre des choses en tentant de sortir de sa juste place dans la soci&#233;t&#233; y est pour beaucoup. Cependant, cette caract&#233;ristique n'est pas propre &#224; la soci&#233;t&#233; japonaise. Les travaux des sociologues montrent que ce type de poids est certes moins visible, mais tout aussi puissant en Europe. La sp&#233;cificit&#233; japonaise est de consid&#233;rer que les r&#232;gles sociales sont &#233;quivalentes aux lois de la nature. En Europe, l'ordre social est vu comme appartenant &#224; un plan diff&#233;rent des lois physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons maintenant le dojo sous cet angle. Si les r&#232;gles sociales sont si importantes, presqu'aussi in&#233;luctables que les lois de la nature, comment envisager un lieu o&#249; ces lois sont suspendues ? En effet, les distinctions sociales sont fond&#233;es sur la caste, la classe, la richesse, l'anciennet&#233; et le savoir. Dans un dojo, cet ordre est invers&#233;. Il n'y a pas de caste, tout le monde y rev&#234;tant l'habit du samoura&#239;. il n'y a pas plus de classe, et la richesse n'est pas cens&#233;e s'y montrer (les &lt;i&gt;keikogis&lt;/i&gt; sont suppos&#233;s &#234;tre vierges de toute marque distinctive, hormis le nom de leur propri&#233;taire discr&#232;tement brod&#233; sur le &lt;i&gt;hakama&lt;/i&gt;). Les pratiquants se rangent ainsi par ordre d'anciennet&#233; (dans la pratique et le dojo) et de savoir (par ordre de grade). C'est ainsi que le jeune deuxi&#232;me dan se trouvera assis &#224; une place plus honorifique qu'un homme plus &#226;g&#233; auquel il aurait en d'autres lieux c&#233;d&#233; la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus fondamentalement, l'ordre social est fond&#233; sur une restriction tr&#232;s stricte de l'usage de la violence. Historiquement, l'usage de la violence contre d'autres &#234;tres humains a rapidement &#233;t&#233; le monopole de castes (nobles), de professions (soldats, mercenaires) ou d'institutions (l'&#201;tat), usage encadr&#233; par des r&#232;gles strictes (code de l'honneur, lois et accords). Or, le dojo d'arts martiaux est un lieu o&#249; cette prohibition fondamentale est en partie lev&#233;e, puisqu'il va s'agir de s'attaquer et de se d&#233;fendre mutuellement. Cette suspension des r&#232;gles sociales est le plus souvent accept&#233;e instinctivement. Le contact physique qu'imposent les techniques ne serait pas souvent tol&#233;r&#233; hors du dojo. Or, dans celui-ci, on s'attrappe, se tire, se projette sans arri&#232;re-pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le dojo est le lieu d'un accord implicite fort. Pratiquer implique de se mettre &#224; la merci d'autrui. Les techniques sont dangereuses, et les attaques aussi. Le partenaire, quel que soit son r&#244;le, a tr&#232;s souvent la possibilit&#233; de nous blesser. Il existe donc dans le dojo un engagement &#224; ne pas blesser, contrepartie d'un engagement r&#233;ciproque, ce qui permet de g&#233;rer une situation potientiellemnt dangereuse pour les deux partenaires (que penseriez-vous si quelqu'un vous saisissait brusquement le poignet dans la rue ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus souvent, ces trois aspects sont implicitement accept&#233;s. Or, l'&#233;tiquette, qui parfois pose probl&#232;me, n'est rien d'autre qu'une formalisation de l'acceptation de cette suspension des r&#232;gles de la vie sociale habituelle. Et pour un Japonais, cette suspension a aussi un caract&#232;re sacr&#233;. Comment consid&#233;rer autrement un lieu ou des lois &#233;quivalentes &#224; celles de la nature se trouvent suspendues ? Le Dojo est donc sacr&#233; aussi pour toutes les raisons que donne ce paragraphe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : l'&#233;tiquette et le sacr&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On voit donc que dans l'esprit de la culture japonaise, le dojo est un espace doublement sacr&#233;, ce qui n'est pas g&#234;nant, puisque c'est avec beaucoup de naturel que les Japonais c&#244;toient le sacr&#233;. L'&#233;tiquette et le c&#233;r&#233;monial leur semblent absolument naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut comprendre qu'il n'en aille pas de m&#234;me pour un Occidental. Personnellement, cela ne me g&#234;ne pas d'adopter une &#233;tiquette japonaise &#224; partir du moment o&#249; je pratique un art martial japonais. L'adh&#233;sion aux &#233;l&#233;ments religieux qui fondent en partie cette &#233;tiquette ne me semble pas &#234;tre un pr&#233;requis. Cependant, je suis conscient que cela peut en choquer certains, qui peuvent estimer qu'il existe une ambigu&#239;t&#233; pour un occidental dans le fait d'accomplir un tel c&#233;r&#233;monial. N&#233;anmoins, celui-ci est, m&#234;me dans cette perspective, justifi&#233; par les raisons explicit&#233;es dans le troisi&#232;me paragraphe de cet article. Certes, l'acceptation des clauses de respect va g&#233;n&#233;ralement de soi. Mais il ne fait aucun mal de rappeler, au d&#233;but et &#224; la fin de chaque pratique, que nous sommes l&#224; pour nous entraider, qu'il convient de laisser certaines conventions sociales au vestiaire, et que la pratique de l'A&#239;kido ne peut se comprendre sans r&#233;f&#233;rence &#224; l'id&#233;al que lui a assign&#233; son fondateur, celui d'&#234;tre un art de paix et d'harmonie. L'&#233;tiquette et le c&#233;r&#233;monial sont justement l&#224; pour cela.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ouranien : li&#233; &#224; une puissance c&#233;leste, comme il est indique dans &#171; Notre P&#232;re qui &#234;tes aux cieux &#187;. on oppose souvent cette notion &#224; celle de divinit&#233;s &lt;i&gt;chtoniennes&lt;/i&gt;, associ&#233;es &#224; la Terre-m&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On pourrait m'objecter que les chr&#233;tiens ont &#233;t&#233; bannis, massacr&#233;s et interdits du d&#233;but du XVIe si&#232;cle &#224; la fin du XIXe. C'est vrai, mais cette interdiction ne reposait pas sur une querelle de religion. Bien qu'irrit&#233;s par l'intol&#233;rance des &#233;vang&#233;lisateurs et leur manque de respect pour les anc&#234;tres (non baptis&#233;s, donc vou&#233;s aux flammes au moins jusqu'au Jugement dernier), les Japonais &#233;taient pr&#234;ts &#224; les tol&#233;rer. C'est la puissance politique acquise par les seigneurs christianis&#233;s, dont les arquebuses europ&#233;ennes modifiaient totalement l'&#233;quilibre strat&#233;gique, qui a provoqu&#233; cette r&#233;pression.&lt;/p&gt;
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